Théâtre lyrique et musical

Des Enfants à croquer

De E. Roche sur un livret de C. Tabet
,
2015 - 2016 - 2017
Co-production Ensemble Justiniana, Les 2 Scènes, Théâtre Edwige Feuillère.
Présentation

Depuis de nombreuses années l’Ensemble Justiniana contribue à valoriser la création de compositeurs pour des œuvres contemporaines avec voix d’enfants. Suite à de nombreuses collaborations fructueuses avec le compositeur Etienne Roche et le librettiste Claude Tabet, l’Ensemble Justiniana a décidé de participer à ce nouveau projet de Commande d’Etat porté par Etienne Roche. Cet opéra pour voix d’enfants autour de l’univers fantastique de Jonathan Swift est une œuvre dont tous les chœurs peuvent s’emparer et s’inscrit dans la collection portée par l’Ensemble Justiniana depuis plusieurs années : Voix d’enfants dans les musiques d’aujourd’hui. Cet opéra - comédie musicale, créé en mai 2015 aux 2 Scènes - scène nationale de Besançon, a retenu l’attention de deux structures importantes, le Festival d’Ile-de-France et le Théâtre de Villejuif, et y a été présenté en tournée sur la saison 2016/2017. 

Cet opéra au cynisme parfois grinçant se veut une critique acerbe des pratiques abusives des économistes de toutes les époques.
Claude Tabet - Librettiste
 

Etienne Roche - Compositeur

Vu par le bout de la lorgnette, J.SWIFT serait juste un conteur extravagant. Mais sans lui dénier cette propension à l'extravagance, il suffit de se plonger dans ses écrits pour relever son art de la provocation et sa lecture visionnaire des maux d'une société où la cruauté n'est due qu'à une seule nature: celle de l'homme en tant qu'animal. Il est désormais bien compréhensible que le salut de cet homme ''swiftien'' puisse venir des enfants, lilliputiens, nourriture salvatrice au propre comme au figuré, David contre Goliath. L'enfant comme métaphore de la faiblesse, de la pauvreté et d'une certaine idée de l'injustice. Les questions que pose SWIFT au travers de ses écrits nous font osciller entre le pessimisme le plus noir auquel seul un cynisme bien assumé semblerait pouvoir répondre; et un optimisme dû au traitement provocateur hilarant d'une nature humaine à la cruauté inexorable que seule l'innocence supposée de l'enfance pourrait contrecarrer. Quoi de plus naturel dès lors, que mettre l'enfant au centre d'une mise en musique de ces élucubrations, telle une chanson de geste dont le héros ne se contenterait pas de lever le petit doigt mais de l'appuyer, comme on dit, là où ça fait mal.      
Une appréhension convergente de ces écrits par Claude Tabet et moi-même coloriera les textes autant que la musique des teintes à la fois populaires de l'époque de Swift et modernes en relation directe avec l'actualité de sa démarche visionnaire. Me concernant et considérant que la musique a été de tout temps, comme le théâtre, l'un des médias inaltérable de la liberté d'expression, il me semble que l'Opéra retracera de manière légitime et divertissante l'immersion d'un pamphlétaire tel que lui dans le fleuve tumultueux des contradictions de l'homme.

Distribution

Musique : Etienne Roche • Livret : Claude Tabet D’après "Modeste proposition" de Jonathan Swift • Mise en scène : Mike Guermyet et Charlotte Nessi • Scénographie - Lumières : Gérard Champlon • Costumes : France Chevassut • Chef de chœur : Scott Alan Prouty • Assistante chef de chœur : Mylène Liebermann • Chorégraphe : Evandra Martins — Solistes / Basse : Fernand Bernardi • Ténor : Richard Bousquet • Soprano : Maja Pavlovska • Mezzo soprano : Laura Tejada — Comédiens / Christian Pageault, Eric Wolfer — Orchestre / Violon 1 : Christine Massetti • Violon 2 : Anna Schott • Violon, alto : Vimala Sitthisack • Violoncelle : Bohdana Horecka Aubrun • Clarinette : Carjez Gerretsen • Flûtes : Patrick Rudant • Banjo, guitare, saxophone, bois : Jean-Paul Autin • Contrebasse : Nathanael Malnoury • Percussions, marimba : Enguerrand Ecarnot —

Avec le soutien du Fonds de Création Lyrique. Ce spectacle a été sélectionné pour être soutenu financièrement par l’ARCADI pour la diffusion en Ile-de France en 2016.

Crédit photos Yves Petit